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La ménopause chez les animaux Phénomène rare rencontré exclusivement chez certains mammifères

12 mai 2022

Blogue - Article scientifique - La ménopause chez les animaux

Bien que le système reproducteur de l'ensemble des mammifères soit sensiblement le même, seules quelques espèces passent par ce processus de ménopause et deviennent stériles passer un certain âge. C'est le cas de l'humain (bien sûr) ! On ajoute à cette courte liste de mammifères : le beluga, le narval, l'épaulard ainsi que le globicéphale et c'est tout !

Qu'est-ce que la ménopause ?

La ménopause se caractérise par un arrêt de production des hormones responsables du cycle menstruel. On y voit conjointement l'arrêt des menstruations. Après cette étape, la femelle ne peut généralement plus enfanter.

Date limite avant même de naître

Chez les espèces ménopausées, les femelles produisent les follicules pendant leur vie intra-utérine, c'est-à-dire avant même de naître. Ces follicules sont responsables de sécréter les futurs ovules dans les ovaires. 

Chez l'humain, un nombre très élevé de follicules sont produits : environ 300 000 à 500 000. Toutefois, seul un petit nombre aboutira en ovulation. En effet, on parle d'environ 300 à 400 follicules qui libèreront un ovule. Ainsi, lorsqu'une jeune fille attaint la puberté, les ovocytes présents dans les follicules mûrissent et sont libérés sous forme d'ovule dans l'attente d'une fécondation. Si celle-ci n'a pas lieu, il s'élimine avec les menstruations. Ce processus se répètent mensuellement jusqu'à ce que le tout dernier ovule soit relâché et éliminé. Quand arrive cette étape au bout d'une trentaine d'années de fécondité, la ménopause prend le relai.

Quel est l'avantage évolutif de la ménopause ?

Il n'existe pas encore de réponse formelle à cette question. Toutefois, des chercheurs étudiant la ménopause apportent des pistes de solution intéressantes. 

La ménopause existerait principalement chez les animaux ayant un type de société matriarcale. En effet, l' « effet grand-mère » permettrait aux femelles plus âgées de rester dans le groupe composé de leur descendance et de leur fournir de multiples avantages : veiller sur leurs petits-enfants, contribuer à leur éducation en leur transmettant des connaissances importantes sur de multiples sujets par exemple sur la migration ou encore sur le meilleur garde-manger. 

Les scientifiques ont pu confirmer cette hypothèse en analysant la survie des petits dans une population lorsqu'une grand-mère orque mourrait. Ils ont trouvé que lorsque survient la mort d'une grand-mère ayant atteint la ménopause depuis un bon moment, il y a 4 à 5 fois plus de décès chez les petits. Ainsi, on confirmerait l'importance de ces femelles ménopausées dans le groupe notamment au niveau des soins apportés aux petits. 

Joanie Asselin, M. Sc.

Joanie Asselin, M. Sc.

Propriétaire et biologiste, M.Sc.

Sanctuaire Éducazoo Inc.

Roxanne Brunelle, B. Sc.

Roxanne Brunelle, B. Sc.

Directrice scientifique et biologiste, B. Sc.

Sanctuaire Éducazoo Inc.