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La migration chez les oiseaux « Voyage annuel d’une population animale depuis son aire de reproduction jusqu’à une aire d’hivernage parfois très éloignée et voyage de retour, généralement par le même chemin. » – Larousse.

2 novembre 2022

Blogue - Articles scientifiques - La migration chez les oiseaux

En prenant cette définition, il est facile de comprendre que la migration se caractérise par un voyage aller-retour entre deux sites bien définis pour une population animale. Les déplacements, d’année en année, se font à des dates très similaires.

Aire de nidification, aire d’hivernage et voie de migration

Le voyage des oiseaux migrateurs en Amérique de Nord se fait principalement selon un axe nord-sud. Au printemps, ces oiseaux commencent leur voyage pour remonter vers le nord où se trouve leur aire de nidification. Celle-ci correspond au site de ponte. Ainsi, lors de la période estivale, les oiseaux migrateurs se retrouvent davantage au nord du continent pour leur période de reproduction.  Après avoir repris des forces, ils s’attellent à la tâche : parade sexuelle, accouplement, ponte, couvaison et soins parentaux. Selon les espèces, plus d’une ponte peut avoir lieu pendant l’été.  

Lorsqu’arrive l’automne et avec lui les températures plus fraîches, les oiseaux migrateurs s’envolent vers le sud pour rejoindre leur aire d’hivernage. Comme son nom l’indique, ce site sert à les accueillir dans un environnement foisonnant de ressources pendant l’hiver. Ainsi, les individus ayant migré ne sont pas confrontés aux conditions, parfois rudes, de l’hiver dans le nord du continent et peuvent se reposer et reprendre des forces avant leur retour, au printemps suivant, à leur point de départ.

Lors de leur grand voyage, les oiseaux empruntent ce que l’on appelle des voies de migration. Ce sont généralement des « chemins » prédéterminés qui sont suivis plus ou moins à la lettre selon les espèces. Ces chemins sont, chez les espèces aquatiques par exemple, imprégnés dans les gènes. Ainsi, d’année en année et de génération en génération, la voie de migration empruntée pour rejoindre l’un ou l’autre des sites est exactement la même*. Chez d’autres espèces plus terrestres, le chemin peut varier. L’important étant d’atterrir quelque part où les ressources sont disponibles (aire d’hivernage) ou où la reproduction est possible (aire de nidification).

Mais pourquoi les oiseaux migrent-ils ?

Certains facteurs influencent directement l'enclenchement du processus de migration d’une population aviaire.

  1. Les conditions climatiques. Le but étant de fuir les conditions climatiques plus rudes pour des conditions plus clémentes. Les oiseaux migrateurs sont généralement moins bien adaptés aux intempéries et aux températures très froides du nord du continent.

  2. La quantité de ressources alimentaires. Pendant la période hivernale, les ressources disponibles pour s’alimenter sont significativement diminuées. Ainsi, les espèces migratrices entreprennent un voyage vers le sud où les ressources sont présentes en plus grande quantité.

  3. Les hormones. La sécrétion de mélatonine par la glande pinéale augmente avec le raccourcissement des jours. Celle-ci joue un rôle clé dans la migration notamment dans la période préparatoire et dans l’orientation du vol vers la destination finale.

Il existe une corrélation positive entre la quantité de ressources disponibles et les conditions environnementales. Conjointement avec des changements hormonaux, les espèces migratrices enclenchent leur comportement prémigratoire qui se caractérise généralement par une mue et une alimentation plus importante afin d’acquérir un maximum de réserves lipidiques pour le grand voyage.

En résumé, beaucoup de facteurs sont responsables d’influencer la migration chez les espèces aviaires. Bien d’autres n’ont pas été traitées dans ce texte et probablement qu’il en existe encore qui ne sont pas connues. Chose certaine, ce comportement bien répandu dans le règne animal commence à se voir de plus en plus chez l’humain. Le phénomène de snowbirds s’inscrira-t-il lui aussi dans nos gènes ? Qui sait !

*Si on fait abstraction de la dérivation naturelle due aux intempéries rencontrées lors du voyage

Roxanne Brunelle, B. Sc.

Roxanne Brunelle, B. Sc.

Directrice scientifique et biologiste

Sanctuaire Éducazoo Inc.