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Zoothérapie et rentrée scolaire Comment aider les jeunes à mieux gérer leur stress ?

21 août 2026

Zoothérapie et rentrée scolaire

Pourquoi mon enfant est-il stressé par la rentrée scolaire ? Comment réduire le stress de la rentrée ? La zoothérapie peut-elle aider un enfant anxieux à l’école ?

La rentrée scolaire est synonyme de nouveautés : nouvelle classe, nouvel enseignant, nouvelles routines, nouveaux défis… Pour certains enfants et adolescents, cette période est excitante et stimulante. Pour d’autres, elle peut être source d’inquiétude, de stress ou d’appréhension.

Mais qu’est-ce qui rend une situation stressante ? Et surtout, comment pouvons-nous aider les jeunes à mieux comprendre ce qu’ils ressentent et à développer des stratégies pour gérer leur stress ?

Dans cet article de blogue, nous explorons les mécanismes du stress chez les jeunes, le modèle CINÉ de la chercheuse Sonia Lupien et la façon dont la zoothérapie peut accompagner les enfants et les adolescents pendant la rentrée scolaire et d’autres périodes de transition.

Pourquoi la rentrée peut-elle être stressante ?

Les enfants peuvent être particulièrement sensibles au stress associé aux changements dans leur vie. Leur cerveau est encore en développement et leur capacité à anticiper et à se représenter des événements qu’ils n’ont pas encore vécus est elle aussi en construction. Ils disposent également de moins d’expérience pour savoir comment composer avec l’incertitude et les émotions qui peuvent accompagner une situation nouvelle.

La rentrée scolaire peut donc représenter une période d’adaptation importante. Nouvelle classe, nouveaux visages, nouvelles attentes, nouvelles routines : plusieurs éléments peuvent se présenter simultanément et demander au jeune de s’adapter rapidement.


Est-il normal qu’un enfant soit stressé avant la rentrée scolaire ?

Le stress vécu lors de cette transition est d’ailleurs bien réel. Des études menées auprès d’enfants entrant à l’école montrent une augmentation du cortisol, une hormone liée à la réponse au stress, dans les premières semaines suivant la rentrée (Leblond et al., 2022). Cette réaction varie toutefois d’un enfant à l’autre, certains s’adaptant plus rapidement que d’autres ((Leblond et al., 2026).

Cela nous rappelle que ressentir du stress lors d’une transition est normal. Le stress est une réponse naturelle de l’organisme qui nous permet de nous adapter et de mobiliser l’énergie nécessaire pour faire face à une situation. Ce qui mérite notre attention, c’est plutôt l’intensité du stress, sa persistance et les répercussions qu’il peut avoir sur le fonctionnement et le bien-être du jeune.

Cette réflexion est d’autant plus pertinente que le stress et l’anxiété occupent une place importante dans la vie de nombreux jeunes. Des données de Statistique Canada indiquaient notamment qu’en 2019, 17 % des jeunes âgés de 5 à 17 ans rapportaient une santé mentale qu’ils jugeaient passable ou mauvaise, tandis que 5 % avaient reçu un diagnostic de trouble anxieux (Statistique Canada, 2022).
Il devient donc pertinent de réfléchir à la façon dont nous pouvons accompagner les jeunes dans les périodes de transition et, surtout, leur permettre de développer des stratégies de gestion du stress qu’ils pourront réutiliser dans différentes situations de leur vie.

 

Comprendre le stress avec le modèle CINÉ

Qu’est-ce que le modèle CINÉ du stress ?

Une piste intéressante pour mieux comprendre le stress nous vient des travaux de la chercheuse Sonia Lupien, notamment présentés dans son livre « Par amour du stress ».

Selon Sonia Lupien, le stress n’est pas une maladie. Il s’agit d’une réponse normale de l’organisme qui nous permet notamment de nous adapter à différentes situations et de mobiliser l’énergie nécessaire pour y faire face.

Elle propose quatre caractéristiques permettant de mieux comprendre pourquoi une situation peut devenir stressante : Contrôle faible, Imprévisibilité, Nouveauté et Égo menacé. Ces quatre éléments forment le fameux modèle CINÉ.

Une situation n’a pas besoin de contenir les quatre facteurs pour provoquer une réponse de stress. Toutefois, plus ils sont présents, plus la situation risque d’être vécue comme stressante. Et la rentrée scolaire en contient parfois beaucoup !

C - Contrôle faible
« Est-ce que je vais être capable ? »
« Avec qui vais-je être dans ma classe cette année ? »
« Est-ce que je pourrai demander de l’aide si j’en ai besoin ? »
Un jeune peut avoir l’impression que plusieurs éléments importants de sa journée lui échappent.

Comment l’aider concrètement ?
Redonner du contrôle là où c’est possible. Lui permettre de faire certains choix, préparer son matériel avec lui, établir une routine et lui donner des informations concrètes sur ce qui l’attend peuvent contribuer à augmenter son sentiment de contrôle.


I - Imprévisibilité
Ne pas savoir ce qui va arriver peut être particulièrement déstabilisant.
« Qui sera mon enseignant ? »
« Comment va se passer mon premier jour ? »
« Est-ce que je vais me faire des amis ? »

Cette incertitude peut être particulièrement inconfortable. Il est toutefois important de rappeler aux jeunes que nous ne pouvons pas tout prévoir, ni tout contrôler. Une certaine part d’imprévisibilité fait naturellement partie de la vie. L’objectif n’est donc pas de faire disparaître toute incertitude, mais plutôt d’aider le jeune à développer des stratégies pour composer avec ce qu’il ne peut pas prévoir et à avoir confiance en sa capacité de s’adapter lorsque les choses ne se déroulent pas exactement comme prévu.

Comment l’aider ?
On peut diminuer l’imprévisibilité en préparant le jeune à ce qui l’attend : visiter l’école, regarder l’horaire, préparer le matériel ou simplement discuter de différents scénarios possibles. On peut également l’aider à réfléchir à ce qu’il pourrait faire si les choses ne se passent pas comme prévu.

Par exemple :
« Si ton enseignant change l’horaire, qu’est-ce que tu pourrais faire? »
« Si tu ne sais pas où aller, qui pourrais-tu aller voir? »

Cette approche permet de passer progressivement de :

« Je dois savoir ce qui va arriver. »
à :
« Je ne sais pas exactement ce qui va arriver, mais je peux me préparer et je pourrai trouver une façon de m’adapter. »

 

N - Nouveauté
Une nouvelle classe, une nouvelle école, un nouveau niveau ou de nouvelles exigences représentent autant de nouveautés auxquelles le cerveau doit s’adapter.

Comment l’aider ? 
La familiarisation progressive peut rendre une situation nouvelle un peu plus connue. On peut visiter les lieux à l’avance, parler de la nouvelle routine ou reprendre graduellement certaines habitudes scolaires avant la rentrée.

Il n’est toutefois pas nécessaire que le jeune soit complètement à l’aise avant de vivre la nouveauté. L’objectif est plutôt de lui donner suffisamment de repères pour qu’il puisse l’aborder avec davantage de confiance. Si c’est difficile malgré tout, il est recommandé de valider l’émotion et de valoriser chaque petit progrès. Un adulte calme et disponible aide beaucoup. Si les difficultés persistent ou sont importantes, il est pertinent de consulter un professionnel.

 

É - Égo menacé
Pour un enfant ou un adolescent, l’école peut aussi représenter une menace pour l’image qu’il a de lui-même.

« Et si je me trompe ? »
« Et si les autres rient de moi ? »
« Et si je ne suis pas assez bon ? »
« Et si je n’ai pas de bonnes notes ? »

La peur de l’échec, du jugement ou de ne pas être à la hauteur peut donc contribuer au stress.

Comment l’aider ?
Valoriser les efforts, la progression et la persévérance plutôt que seulement les résultats. Rappeler au jeune qu’une erreur ne définit ni sa valeur ni ses capacités peut également contribuer à diminuer cette menace perçue.

L’objectif n’est pas de convaincre le jeune qu’il est capable de tout réussir, mais de l’aider à développer cette perception : « Je peux essayer, je peux apprendre et je peux trouver des moyens de surmonter les difficultés. » Peu à peu, ces expériences peuvent contribuer à renforcer son sentiment de compétence et sa confiance en ses capacités.

En contexte scolaire, la zoothérapie peut également offrir des occasions de vivre des réussites concrètes, de relever des défis à son rythme et de recevoir une rétroaction positive, dans un contexte où l’erreur peut être accueillie comme une occasion d’apprentissage plutôt que comme un échec.

*** Inspiré des travaux de Sonia Lupien, notamment de son ouvrage Par amour du stress (Éditions au Carré, 2010). Le modèle CINÉ et les concepts associés sont attribués à Sonia Lupien et ne constituent pas une méthode développée par Véronique Chantal, Éducazoo inc. ou le Centre Éducatif le Chien Futé.

Reconnaître les signes de stress et d’anxiété chez nos jeunes

Quels sont les signes de stress chez un enfant ou un adolescent ?

L’anxiété et le stress ne se manifestent pas de la même façon chez tous les jeunes. Les réactions peuvent varier selon l’âge, le niveau de développement, le tempérament et la personnalité de l’enfant ou de l’adolescent. Chez les plus jeunes, le stress peut parfois être difficile à identifier parce qu’ils n’ont pas encore les mots pour expliquer ce qu’ils ressentent. Il est donc important d’être attentif aux changements qui apparaissent dans son comportement ou dans ses habitudes.

Chez certains enfants et adolescents, on peut observer (Gouvernement du Qc, 2023) :
• des maux de tête;
• des maux de ventre ou des nausées;
• des vomissements;
• des troubles du sommeil;
• des pleurs ou de l’irritabilité;
• de la procrastination;
• un changement soudain de comportement;
• un besoin constant d’être rassuré ou une inquiétude excessive;
• des réactions qui semblent disproportionnées;
• de l’isolement ou un évitement de certaines situations;
• des difficultés liées aux responsabilités scolaires ou sociales;

Ces manifestations ne signifient pas automatiquement qu’un jeune souffre d’un trouble anxieux. Elles peuvent toutefois être des signaux qui nous invitent à ralentir, observer et écouter. Toutefois, lorsque les symptômes sont importants, persistants ou qu’ils nuisent au fonctionnement quotidien du jeune, il est important de chercher du soutien auprès des professionnels appropriés.

 

Et si on faisait le « CINÉ » de la rentrée ?

Une fois que l’on reconnaît les signes de stress chez un jeune, une façon simple de l’aider à comprendre et à apprivoiser son stress est de l’amener à réfléchir à quatre questions :

C - Qu’est-ce que je peux contrôler ?
I - Qu’est-ce que je ne sais pas encore ?
N - Qu’est-ce qui est nouveau pour moi ?
É - Qu’est-ce qui me fait peur par rapport à moi-même ou au regard des autres ?

Cette démarche permet de transformer une impression générale de « je suis stressé » en éléments plus concrets sur lesquels il est parfois possible d’agir. L’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître tout le stress. Il s’agit plutôt d’aider le jeune à comprendre ce que son stress essaie de lui signaler et à développer des stratégies pour y faire face.

Qu’est-ce que la zoothérapie et comment peut-elle accompagner les jeunes dans ces moments stressants ?

La zoothérapie est une approche d’intervention qui utilise la relation et les interactions avec un animal dans le cadre d’une démarche structurée et encadrée par un intervenant formé. L’animal devient un partenaire d’intervention qui peut favoriser l’engagement, la motivation, la communication et la création d’un contexte propice aux apprentissages. Selon les besoins du jeune, les activités peuvent viser différents objectifs, notamment sur les plans émotionnel, social, cognitif ou physique.


Quels sont les bienfaits de la zoothérapie pour les enfants ?

La zoothérapie ne consiste donc pas simplement à « être avec un animal ». Les interactions sont réfléchies et utilisées dans le cadre d’objectifs d’intervention précis, adaptés aux besoins et aux capacités de chaque personne.

Par exemple, un jeune qui ressent du stress à l’approche de la rentrée pourrait être invité à observer les signes de détente ou de tension chez un animal, puis à expérimenter différentes stratégies pour retrouver un état plus calme. Une activité pourrait consister à guider doucement un animal à travers un petit parcours en utilisant une respiration lente et contrôlée. Le jeune doit alors ralentir ses gestes, porter attention à sa respiration et ajuster son rythme à celui de l’animal.

L’activité devient ainsi une occasion concrète de pratiquer la régulation du stress, la concentration et le contrôle de soi, des habiletés qui pourront ensuite être transférées à d’autres situations, comme l’entrée en classe, une présentation orale ou une période d’examen.

 

Comment la zoothérapie peut-elle aider, plus concrètement pour… :

La rentrée scolaire
Les activités assistées par l’animal peuvent permettre de travailler la gestion des émotions, l’adaptation aux changements, la confiance en soi et les stratégies d’apaisement. L’animal peut également favoriser l’engagement du jeune et créer un contexte dans lequel il se sent suffisamment en confiance pour explorer certaines émotions ou difficultés.

Les transitions et les changements
Un changement de classe, d’école, de niveau ou de routine peut réunir plusieurs éléments du modèle CINÉ en même temps : nouveauté, imprévisibilité et sentiment de contrôle diminué. Les activités avec l’animal peuvent alors servir de contexte pour pratiquer l’adaptation, la flexibilité, la communication et la gestion des émotions. Le jeune peut apprendre à observer ce qui se passe en lui lorsqu’une situation change, à reconnaître ses réactions et à expérimenter différentes façons de s’adapter.

Les examens
Les examens peuvent également réunir plusieurs facteurs du CINÉ : l’imprévisibilité des questions, la nouveauté d’une évaluation, le sentiment de contrôle diminué et la peur de l’échec. Le stress n’est toutefois pas nécessairement l’ennemi de la réussite. Une certaine activation peut être utile pour mobiliser l’attention et l’énergie nécessaires à une tâche. Le défi est plutôt d’éviter que le stress devienne trop intense ou persistant.

En zoothérapie, des activités peuvent notamment permettre de travailler la respiration, la concentration, la reconnaissance des signaux corporels liés au stress et différentes stratégies de régulation.

La fin d’étape et les bulletins
Les résultats scolaires peuvent directement toucher l’estime de soi et le sentiment de compétence.
Une intervention assistée par l’animal peut offrir des occasions de travailler la persévérance, la tolérance à l’erreur et la confiance en soi, en mettant l’accent sur le processus plutôt que uniquement sur la performance.

L’objectif peut être d’aider le jeune à passer de : « Je dois réussir pour être bon. »
à : « Je peux faire des erreurs, apprendre et continuer d’avancer. »

La zoothérapie peut également s’intégrer à certaines activités liées aux apprentissages scolaires, lorsque celles-ci correspondent aux objectifs d’intervention.

 

Comment diminuer le stress de la rentrée ?

En complément d’une intervention adaptée aux besoins du jeune, quelques petites habitudes peuvent faire une différence :

Reprendre progressivement une routine
Ajuster graduellement les heures de sommeil, les repas et les routines quotidiennes avant la rentrée.

Préparer ce qui peut l’être
Préparer le sac, les vêtements et le matériel scolaire à l’avance afin de diminuer les imprévus le matin.

Encourager la discussion
Inviter l’enfant à parler de ce qui l’inquiète sans chercher immédiatement à faire disparaître son émotion. Parfois, se sentir écouté est déjà une première étape importante.

Identifier les stratégies qui fonctionnent pour lui
Respiration, mouvement, activité sensorielle, musique, moment calme… Chaque jeune peut avoir des besoins différents.

Normaliser les émotions et reconnaître les signes de stress
Être nerveux avant une nouvelle étape est normal. On peut reconnaître l’émotion sans la dramatiser :
« Tu es inquiet parce que c’est nouveau pour toi. On peut réfléchir ensemble à ce qui pourrait t’aider. »

 

Un partenaire pour apprivoiser le stress

La rentrée scolaire n’a pas besoin d’être parfaite. Elle représente une période d’adaptation, et l’adaptation demande du temps. Comprendre les différentes composantes du stress peut aider les enfants et les adolescents à mettre des mots sur ce qu’ils vivent et à identifier ce qui pourrait leur donner davantage de contrôle ou de sécurité. La zoothérapie peut, quant à elle, offrir un contexte concret, sécurisant et motivant pour développer certaines de ces habiletés. Par l’intermédiaire de l’animal, le jeune peut expérimenter, observer, recommencer et découvrir progressivement les stratégies qui lui conviennent.

Parce qu’apprendre à gérer son stress ne signifie pas ne plus jamais être stressé. C’est plutôt apprendre à reconnaître les signaux, comprendre ce qui nous affecte et découvrir les stratégies qui peuvent nous aider à traverser les défis, un petit pas à la fois.

 

Sources et références

Gouvernement du Québec. (2023). Stress et anxiété chez votre enfant ou adolescent. Gouvernement du Québec.
Leblond, M., Parent, S., Castellanos-Ryan, N., Lupien, S. J., Fraser, W. D., & Séguin, J. R. (2022). Transition from preschool to school: Children’s pattern of change in morning cortisol concentrations. Psychoneuroendocrinology, 140, 105724. https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2022.105724
Leblond, M., Parent, S., Castellanos-Ryan, N., Lupien, S. J., Herba, C. M., Fraser, W. D., & Séguin, J. R. (2026).Morning cortisol levels and quality of social interactions across the transition to school predict the development of children’s anxious and depressive symptoms in first grade. Psychoneuroendocrinology, 185, 107721. https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2025.107721
Lupien, S. (2010). Par amour du stress. Montréal, Québec : Les Éditions au Carré.
Statistique Canada. (2022). La santé mentale des jeunes revient sous les feux de la rampe, alors que la pandémie s’éternise. Gouvernement du Canada.

Joanie Asselin, M. Sc.

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Roxanne Brunelle, B. Sc.

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Directrice scientifique et biologiste, B. Sc.

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